Le résumé honnête de Brésil-Mexique

Le résumé honnête de Brésil-Mexique
"Eh Thiago, ça te dirait de manger mexicain aujourd'hui ? " - Iconsport

Plus fort et plus consistant, le Brésil a logiquement battu le Mexique (2-0) lors de leur duel à Samara en huitième de finale de cette Coupe du monde 2018. L'on a réellement senti que le groupe de Tite était monté en puissance, à l'image de l'équipe de France samedi. La Seleçao jouera donc une fois de plus les quarts de finale d'un Mondial (contre la Belgique ou le Japon). Une belle habitude. Le Mexique sort quant à lui de nouveau au stade des huitièmes. Une sale habitude !

VOUS AVEZ LOUPE LE MATCH ? PAS DE PANIQUE !

La victoire triomphale de l’équipe de France contre l’Argentine samedi (4-3) attendait une réponse. Après le manqué de l’Espagne face aux Russes (1-1, 4-3 tab) et les tremblements d’une Croatie poussée dans ses retranchements contre le Danemark (1-1, 3-2 tab), de qui d’autre que le Brésil pouvait bien venir le message ? Pas toujours souverains ou écrasants lors de la phase de poules - comme les Bleus en somme – les Brésiliens viennent de sortir une production ultra convaincante contre un Mexique réduit au statut de simple spectateur.

Lorsque l’on vient d’encaisser un cinglant 3-0 par la Suède, peut-on réellement prétendre à mettre dehors les innombrables stars brésiliennes ? On en doutait fortement au coup d’envoi de ce huitième de finale de Samara et la rigueur de tous les instants des hommes de Tite nous a donnés raison. Jamais la Tricolore et ses joueurs aguerris n’ont su donner l’impression de pouvoir bousculer une Seleçao patiente, sûre d’elle et apparue plus au point que jamais athlétiquement. Bien coordonnée sur ses phases offensives, imprenable en défense à l’image d’une charnière Thiago Silva-Miranda en train de s’imposer purement et simplement comme la meilleure de la compétition, la sélection sud-américaine en impose. Le Brésil est de retour en quarts, comme à son habitude serait-on tenté de dire, puisque sur les 13 dernières éditions de la Coupe du monde, l’équipe auriverde n’a manqué le top 8 mondial qu’à une seule reprise. C’était en Italie, en 1990 (une défaite contre l’Argentine). Les huitièmes de finale restent donc un long fleuve tranquille pour le Brésil.

Tout le contraire du Mexique qui croisait fermement les doigts avant la rencontre pour que le vent de surprise qui souffle sur ce Mondial 2018 le fasse dévier de sa trajectoire éternelle en Coupe du monde. Mais il semble que les joueurs d’Amérique centrale soient sous le coup d’une incroyable malédiction. Constamment au point – ou presque – lors des phases de groupe, le Mexique tombe inexorablement, impuissant la plupart du temps, au stade des huitièmes de finale. El Tri vient d’enchainer le nombre record de sept phases de poules consécutives achevées immédiatement par une élimination dès le premier match couperet de la compétition. Un cap qui semble infranchissable. Ce Mondial veut faire s’effondrer les idées reçues mais certaines traditions ont un poids que nulle folie ne saurait faire flancher. La promesse d’un Brésil auréolé d’une sixième étoile, à l’heure où nombre de mastodontes s’effondrent, gagne quant à elle sérieusement en consistance.

LA NOTE DU MATCH (71/100) :

Spectacle général (14/20) : Dans la fournaise de Samara, on pouvait craindre le pire pour la qualité de la prestation délivrée par les vingt-deux acteurs de ce huitième de finale. Mais c’était un peu trop vite oublier que Brésiliens et Mexicains ont l’habitude du cagnard américain. Au final, on a eu droit à une partie d’échecs rythmée largement tenue par la poigne brésilienne. Samara-vit l’œil de voir ça !

Occasions et buts (14/20) : Pas mal de situations à défauts de vagues d’occasions mais un équilibre qui s’est étiolé passé la pause. Les Brésiliens, face aux tentatives mal agencées des Mexicains, sont devenus les seuls maîtres à bord dans le monopole des occasions. Résultat des courses, flopée d’arrêts d’Ochoa et deux buts très similaires à la clef (centre-tir coupé au second poteau). Si vous cherchez bien, vous devriez trouver les gants d’Allison Becker sur Le Bon Coin.

Qualité technique (16/20) : De beaux gestes, de belles courses, de beaux dédoublés. Le Brésil et le Mexique se sont enfin livrés un duel plus axé sur la gestion du ballon que sur les duels physiques et après les deux sombres rencontres de dimanche (Espagne-Russie et Croatie-Danemark), ça a fait plaisir de voir le jeu faire son retour sur les terrains russes. Dans les petits espaces, les Brésiliens ont souvent régalé. Capables sans doute de vous garer en créneau un semi dans un espace normalement réservé à un deux-roues. 

Scénario et suspense (12/20) : C’est tout le paradoxe de cette rencontre. Elle a atteint la mi-temps sur un score de parité (0-0) et les Brésiliens n’ont inscrit le but du break que dans les toutes dernières minutes de la partie. Pour autant, il flottait un parfum de sérénité tellement affolant dans l’arrière-garde brésilienne qu’on n’a jamais trop osé croire en un improbable twist final avec retour mexicain. Un peu quand Hollywood a voulu nous faire croire à la mort de Superman sur grand écran en 2016…

Bonus/Malus du jury (15/20) : Pour cette catégorie, on vous explique, on part de 10/20 à chaque coup d'envoi et on fait gonfler ou baisser la note selon nos propres critères subjectifs (on est le jury, on fait ce qu'on veut) :

  • +3 pour…Willian ! ou William selon Elie Baup. Le grand bonhomme de cette partie dans le secteur offensif brésilien, c’était clairement le joueur de Chelsea. Des courses folles en nombre, des retours défensifs dans le bon timing, des livraisons de ballon parfaites. Tous les Domino’s Pizza du monde en rêverait sur leurs scooters.
  • +4 pour le duo Thiago Silva-Miranda qui a écœuré les joueurs offensifs d’El Tri. Impassables, les deux centraux brésiliens ont montré aux Mexicains ce que ça faisait d’avoir un mur en face d’eux. Et ce n’était pas beau à voir.
  • -3 pour Juan Carlos Osorio. Il avait fait le choix de calquer sa partie d’échecs sur celle de Tite en alignant la même formation d’équipe. Avec le désir assumé de revenir à la pause avec un 0-0 dans sa besace, il envoie Miguel Layun suppléer le vétéran Rafael Marquez histoire de secouer le Brésil. Un raté sur toute la ligne. À sa décharge, il jouait avec dix pions et un roi quand Tite alignait en face de lui une armée de fous, de cavaliers et de tours.
  • +1 pour la rédaction, pour n’avoir pas mentionné une seule fois le mot Neymar jusqu’à présent dans cet article.

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