MENU
Coupe du monde 2022

C’est sûr, cette Ligue 1 sera folle

C’est sûr, cette Ligue 1 sera folle
DR

Après la victoire de Paris à Lille hier, le ton semblait donné mais on n’avait encore rien vu. Car le leader provisoire s’appelle désormais Angers et il ne doit pas sa présence au sommet à l’alphabet d’avant-saison mais bel et bien à sa victoire à Montpellier (0-2). Des sommets dont sont très loin les Marseillais, encore battus par Caen chez eux (0-1) et qui ont perdu leur entraîneur Marcelo Bielsa, démissionnaire d'entrée. Sinon, Monaco s’est imposé à Nice (2-1) après avoir souffert.

Marseille 0–1 Caen :

Un prophète a dit que quand on se fait gifler sur la joue droite, il faut tendre la gauche. Ce conseil n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd et l’OM a semble-t-il une excellente ouïe. En tout cas, Caen en a bien profité en envoyant une grosse mandale dans la joue olympienne. Victorieux 3-2 il y a cinq mois au Vélodrome, les partenaires de Julien Féret sont venus remettre leur grain de sel dans l’année civile très délicate de Marcelo Bielsa et des siens en s’imposant 1-0. Le but du match ? Il vaut de l'or ! Nangis fait des misères à la défense marseillaise et sert Delort en retrait. Pas vraiment un caramel mais une sucrerie suffisamment digeste pour que l’ancien Tourangeau s’illumine en envoyant une papinade – dixit Stéphane Guy – sous la barre de Steve Mandanda. Le portier olympien avait dégoûté Vincent Bessat en repoussant brillamment sa demi-volée, le voilà puni ! Le reste ? Des vagues marseillaises incessantes dans le camp caennais mais une imprécision chronique bien trop criante pour faire la différence. Ca commence très mal sur la Canebière ! Caen rayonne.

MAJ : Marcelo Bielsa, qui avait anticipé sa décision mercredi, a immédiatement remis sa démission au président Labrune. En cause ? Un désaccord sur des termes de contrat récemment modifiés. Coup de tonnerre sur la Ligue 1 !

 

Nice 1–2 Monaco :

Avoir révisé ses gammes des années durant avec la défense monégasque a semble-t-il été bénéfique pour Valère Germain à l’heure de se faire accepter par son nouveau public niçois. Celui qui arrive en provenance de l’ennemi local a tout simplement laissé Andrea Raggi sur place en surgissant dans son dos dès le début de la rencontre. La suite ? Une reprise instantanée calée sous la barre du pauvre Subasic. Nice n’a cependant pas été épargné par la malchance et a dû se séparer de Bodmer puis de Pouplin, blessés. Dans un pur esprit solidaire – et aussi pour donner une grosse claque à ses amorphes de joueurs – Leonardo Jardim s’est aussi adonné au double changement, Dirar et Pasalic s’effaçant pour EL Shaarawy et Bernardo Silva. On n’est alors qu’en première mi-temps mais durant la seconde, Silva justement s’empare parfaitement du ballon pour aller tromper Hassen. La meilleure équipe du championnat à l'extérieur la saison passée, bien aidée par le carton rouge récolté par le jeune Boscagli pour son premier match en L1, en remet alors une couche par Kurzawa pour s’imposer 2-1 au terme d’un match bizarre et extrêmement tendu. On n’a pas vu Hatem Ben Arfa et on a un vrai regret : le ciseau immense d’El Shaarawy qui aurait dû rentrer en seconde période.

 

Montpellier 0–2 Angers :

Montpellier n’est pas le meilleur élève de sa classe mais Montpellier a le profil de l’étudiant qui vit constamment avec la pression parentale sur le dos. Pas de résultats ? Pas d’argent de poche ! Minimum syndical ? Bien figurer dans le classement des meilleures têtes de la classe. Alors quand survient un petit nouveau – Angers – en provenance du cursus inférieur, Montpellier ne se tracasse pas pour son rang et sèche les mathématiques. Mauvais calcul puisque le promu excelle en géométrie dans l’espace et comble astucieusement – par Camara – les trous laissés vides par Montpellier dans le questionnaire. En fin de partie, devant les hésitations d’un élève qui n’avait clairement pas révisé son examen oral, Gilles Sunu renvoie son adversaire à ses chères études sur une frappe déviée (0-2). Et tout en haut de l’estrade, le promu angevin a bonne mine, très bonne mine.

 

Bastia 2–1 Rennes :

Pour Bastia et ses problèmes financiers, on a admis depuis belle lurette que l’argent ne tombe pas des étoiles. Le bonheur ne venant pas du ciel, à Furiani, il ne vient clairement pas du sol non plus. Sur un terrain indigne de la Ligue 1 et tout bon à cultiver des rangs de radis, les Corses et leurs visiteurs rennais ont mis du temps à se mettre en route. Par 33°C en plus, on se dirigeait vers la purge de la soirée. Mais finalement, sur un débordement de Ludovic Baal repris de la tête par l’ancien joueur local Giovanni Sio et surtout sur la reprise de volée victorieuse – et accessoirement magnifique – d’un Floyd Ayité toujours là, on n’a pas passé un si mauvais moment à Bastia. D’autant que François Kamano a permis aux Corses de prendre l’avantage dans le second acte. Tout ça avant que Brandao, visiblement toujours avide de matchs de suspension, ne récolte une biscotte rouge et laisse ses partenaires à dix. Rennes toujours tristou, Bastia intraitable à domicile, Brandao incorrigible : certaines habitudes ont la dent dure. Comme quoi.

 

Nantes 1–0 Guingamp :

Dans le match opposant la formation qui a perdu tous ses attaquants (Guingamp) à l’équipe qui n’a recruté que des attaquants (Nantes) – grosso modo – on ne savait pas trop à quoi s’attendre. A Nantes, peut-on vraiment se reposer sur une triplette Argentino-brésilo-islandaise associée à Yacine Bammou ? Il faudra attendre avant de donner une réponse nette. Parce qu’avec des attaquants toujours en rodage côté atlantique et des attaquants déserteurs dans les Côte d’Armor, le buteur du soir ne pouvait être qu’un défenseur. Bingo ! Sauf que Jérémy Sorbon a eu le malheur de marquer contre son camp, offrant par la même occasion la victoire finale aux partenaires du virevoltant Adryan. Sur une action un brin dégueulasse, entachée d’une perte de balle stupide et d’un hors-jeu flagrant. Mais qu’importe. Toujours muets en attaque, les Canaris ont au moins eu la satisfaction de garder leur cage inviolée pendant la rencontre et l’emporter. Confettis !

 

Troyes 0–0 Gazélec Ajaccio :

Quand l’Ajaccien Mohamed Larbi a fait face à Paul Bernardoni lors de la première période du match mettant aux prises Troyes et le Gazélec Ajaccio, la France entière a retenu son souffle. Sur pénalty, le petit club corse allait ouvrir son compteur dans l’élite lors de son premier match et mettre la tête sous l’eau à des Troyens jusque là dominateurs. Que nenni ! Le tireur, novice à ce niveau, a tergiversé et placé un drop au-dessus de la cage troyenne. Le reste ? Une domination stérile des locaux dans leur manoir aux allures de château hanté en Ligue 1. Le fantôme Nivet a joué l’ectoplasme et un sortilège a semble-t-il anéanti le jeu si bien léché du champion de Ligue 2 en titre. Au final, le Gazélec est le seul club toujours invaincu dans l’histoire de la Ligue 1. Et s’il était là finalement, l’exploit du soir ?

Ça peut vous intéresser