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Coupe du monde 2022

Et si l’Angleterre était favorite ?

Et si l’Angleterre était favorite ?
L’Angleterre, unie après le but de Dier, est une équipe impressionnante à quelques semaines de l’Euro 2016 (Icon Sport)

Victorieuse de l’Allemagne au terme d’un amical un peu fou à Berlin (2-3), l’Angleterre s’avance vers l’Euro 2016 avec de plus en plus de certitudes. Au point de se présenter à l’heure actuelle comme un prétendant très sérieux à la victoire finale en France.

L’Angleterre marche sur l’eau depuis un an. Il n’y a qu’à voir le premier but de Jamie Vardy sous ses couleurs nationales hier soir contre l’Allemagne pour s’en convaincre. Une madjer sensationnelle pour clouer le bec de Manuel Neuer et ramener les Three Lions à hauteur (avant le but vainqueur d’Eric Dier). Vardy, actuel roi de Leicester, expression d’un talent sorti du banc qui caractérise aussi bien la profondeur de l’effectif anglais que sa force de caractère. L’emporter en Allemagne n’est pas chose commune alors renverser le champion du monde en titre après avoir été mené 2-0 est un exploit retentissant. Ca a beau n’être qu’un match amical, la performance s’inscrit dans la série de résultats positifs de 2015 des hommes de Roy Hodgson. Qualifiée première de son groupe avec dix victoires en dix sorties, la formation anglaise n’a perdu qu’un match depuis son piètre Mondial 2014 : contre l’Espagne (2-0), en novembre dernier. Depuis le Brésil, les partenaires de Chris Smalling ont gagné 14 matchs sur 17. Et plus que des victoires, c’est la qualité déployée qui interpelle.

La sereine d’Angleterre

A Berlin hier, l’escouade allemande était de qualité - quoi que légèrement moins bluffante qu’en 2014 - et ce n’est donc pas une petite formation que les Anglais ont écrasé sur le tatami. La force majeure des Britanniques ? Leur mental. Aspect le plus friable de la sélection depuis des lustres, notamment à l’heure des grands rendez-vous ou de confrontations face à des poids lourds, le mental anglais si décrié semble en plein renouveau. Lorsque Mario Gomez, sur le retour, catapulte sa tête dans les filets du pauvre Fraser Forster, on se dit de toute évidence que les visiteurs ne reviendront pas malgré de bonnes séquences. L’Angleterre propose très rarement ce genre de retournement. Et pourtant. D’un calme notable, le onze aux trois lions continue à aller de l’avant en restant discipliné derrière. Face à l’efficacité allemande de Kroos et Gomez, l’Anglais répond posément par de l’abnégation. Le coaching d’Hodgson conjugué au talent des entrants Barkley et Vardy fait finalement la différence. Le tout devant un Olympiastadion médusé.

Tout bon sur presque toutes les lignes

Mais concrètement, elle a quoi de si fort dans le jeu cette Angleterre ? S’il fallait lui donner un point fort tactique, ce serait sa capacité à exploiter les ailes. Dans ce domaine, l’équipe British n’a pas d’égale en Europe. Nathaniel Clyne (Liverpool) et Danny Rose (Tottenham), chacun sur leur côté, sont des défenseurs latéraux de très grande qualité qui usent et abusent de leur vitesse, de leur explosivité et évidemment de leur caractère. Un régal pour les avant-centres. Dans ce domaine, l’Angleterre n’est également pas en reste puisqu’elle possède en Harry Kane et Jamie Vardy les deux meilleurs buteurs de Premier League. Les deux meilleurs scorers du meilleur championnat du monde, ça fait du bien, non ? Ce n’est pas un hasard si l’un comme l’autre ont contribué hier à faire redescendre l’Allemagne sur terre avant de l’y enfouir. A se demander si Wayne Rooney, en perte de vitesse cette saison à United, a encore sa place dans le onze. Reste le point faible malgré tout de la formation : son milieu de terrain. En dehors d’un Dele Alli (qui porte Tottenham cette saison) rayonnant dans l’entrejeu et qui ne cesse de progresser, c’est un peu le désert. Jordan Henderson et Adam Lallana sont dans l’inconstance manifeste qui caractérise leur saison à Liverpool et le spectre du milieu de terrain Gerrard-Lampard continue de planer entre les lignes. Difficile de gagner des titres sans un milieu irréprochable.

Si les potes d’Eric Dier ne remportent pas l’Euro en juillet prochain, 50 ans après leur dernier titre (en Coupe du monde), ce sera peut-être parce qu’une fois encore, la sélection n’a pas la chance de compter sur une génération exceptionnelle dans chaque compartiment de son onze. Les violons anglais ont désormais deux mois et demi pour s’accorder à la perfection.

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