Coupe du monde 2022

Décryptage de la liste italienne

Décryptage de la liste italienne
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Eliminée dès les phases de poules à la Coupe du monde 2014, l’Italie reste pourtant les finalistes en titre de l’Euro. En 2012, la Squadra Azzura avait réalisé un superbe parcours, plutôt étonnant, avant de s’éteindre en finale face à l’Espagne (0-4). Gros poisson du chapeau 2 lors de l’Euro 2016, l’Italie espère bien réitérer son exploit de 2012, en faisant face à des absences notables. Décryptage de la liste d’Antonio Conte.

Les gardiens (3)

Gianluigi Buffon (Juventus Turin), Federico Marchetti (Lazio Rome), Salvatore Sirigu (Paris Saint-Germain)

Au poste de gardien, l’expérimenté Buffon est encore indétrônable en Italie. Auteur du record d’invincibilité de Serie A avec la Juve cette saison, le portier italien est au top de sa forme à 39 ans. Déjà dauphin de Gigi à la Coupe des confédérations 2013, Federico Marchetti va pouvoir regoûter cette année à sa première compétition internationale de premier plan depuis la Coupe du monde 2010 sous le maillot italien. Régulier avec la Lazio, il est même passé deuxième dans la hiérarchie des gardiens depuis l’arrivée d’Antonio Conte. Promis au jeune Mattia Perin depuis longtemps, le poste de troisième gardien sera finalement retrouvé par Salvatore Sirigu, malgré son faible temps de jeu avec le PSG. Grâce à la blessure de Perin, le parisien enchaine les grands rendez-vous avec la Squadra Azzura, puisqu’il n’a raté aucune compétition internationale depuis sa sélection à l’Euro 2012.

Les défenseurs (9)

Davide Astori (Fiorentina), Andrea Barzagli (Juventus), Leonardo Bonucci (Juventus), Giorgio Chiellini (Juventus), Angelo Ogbonna (West Ham), Daniele Rugani (Juventus), Matteo Darmian (Manchester United), Mattia De Sciglio (Milan), Davide Zappacosta (Torino)

Neuf défenseurs ont été annoncés dans la liste de 30 joueurs de Conte. On peut imaginer qu’au moins l’un d’entre eux quittera le groupe après le 31 mai, voire plus, selon le système que veut mettre en place le sélectionneur italien. S’il joue dans son 3-5-2 habituel, peut-être en renverra-t-il deux ou trois au placard, mais s’il reprend le 4-3-3 qui lui a mieux réussi avec la sélection italienne, le tacticien devra sans doute garder huit défenseurs pour doubler les postes. La présence d’une majorité de défenseurs centraux montre l’enclin de l’ex entraineur de la Juve à jouer à 3 derrière. Dans cette optique, Zappacosta et un défenseur central comme Rugani ou Ogbonna pourrait quitter précocement la sélection. Darmian revient de blessure et devra confirmer sa bonne forme physique avant de prétendre rejoindre la France en juin prochain. Du côté des trois défenseurs titulaires de la Juventus, aucune question ne se pose : ils seront bien de la partie, aux côtés de leur ancien coach.

Les milieux (13)

Marco Benassi (Torino), Giacomo Bonaventura (Milan), Daniele De Rossi (Roma), Alessandro Florenzi (Roma), Emanuele Giaccherini (Bologna), Jorge Luiz Jorginho (Napoli), Riccardo Montolivo (Milan), Thiago Motta (Paris Saint Germain), Marco Parolo (Lazio), Stefano Sturaro (Juventus), Federico Bernardeschi (Fiorentina), Antonio Candreva (Lazio), Stephan El Shaarawy (Roma)

C’est au milieu de terrain que la majorité des joueurs qui ne rejoindront pas la France se trouve. Avec 13 joueurs appelés dans ce secteur de jeu, Conte devra faire un grand tri. Pour faire face aux blessures des titulaires habituels Marchisio et Verratti, Conte a choisi de mettre le plus de joueurs possible de son côté. Malgré leurs pépins physiques, les expérimentés De Rossi, Motta et Montolivo sont bien là, en attendant confirmation du côté médical. Leur présence parait obligatoire au milieu et dans le vestiaire pour espérer aller loin dans la compétition, sans quoi la Squadra Azzura se retrouverait un peu seule, surtout au milieu de terrain. Des joueurs comme Sturaro, Florenzi et Candreva devraient se voir logiquement récompensés d’une sélection pour l’Euro, mais Benassi, Bernardeschi, Jorginho ou encore Giaccherini vont devoir espérer des forfaits pour jouer leur carte. Encore une fois, si Conte choisit son 3-5-2, il pourra garder un nombre conséquent de milieux. On peut noter la présence dans ce secteur d’El Shaarawy, plutôt porté sur le front de l’attaque, et sans doute présent en juin. L’absence de Pirlo, prévue, est une première pour l’Italie, qui devra faire sans son maitre à jouer new yorkais.

Les attaquants (5)

Eder (Inter), Ciro Immobile (Torino), Lorenzo Insigne (Napoli), Graziano Pellè (Southampton), Simone Zaza (Juventus)

L’attaque, le point faible de l’Italie. Malgré sa première place en qualification, son meilleur buteur, Graziano Pellè, n’a marqué que trois fois lors des éliminatoires. Avec seulement cinq attaquants appelés, Conte surprend mais fait avec ce qu’il a. S’il conserve son 3-5-2, mais aussi avec un 4-3-3, il devra sans doute garder toute cette faible armada offensive. En ajoutant El Shaarawy, la Squadra Azzura contera donc six joueurs à vocation offensive, mais seulement quatre qui peuvent jouer en pointe (Eder, Pellè et Zaza). Aucun de ces quatre numéros 9 ne peut se vanter d’avoir effectué une saison digne d’un titulaire à l’Euro. Immobile a quitté Dortmund sur une mauvaise note, Pellè est régulier mais pas incroyable, Eder et Zaza manquent de temps de jeu dans des grands clubs italiens. Alors qu’en 2012, un certain Balotelli les avait menés jusqu’en finale avec quatre buts au compteur, dont deux en demi-finale contre l’Allemagne, les Italiens devront aujourd’hui marquer sans star offensive. Le sulfureux Mario souffre d’une saison quasi blanche depuis son retour à Milan et ne fait donc logiquement pas partie du groupe de 30. Le jeune Pavoletti n’a pas trouvé grâce aux yeux du sélectionneur malgré ses 14 buts en Serie A cette saison. Enfin, malgré son titre de MVP en MLS aux Etats-Unis, Sebastian Giovinco ne sera pas de la partie, Conte n’ayant pas vu en lui un joueur capable d’être décisif en Europe.

A noter les absences de : Perin, Pirlo, Marchisio, Verratti, Pavoletti, Giovinco et Balotelli.

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