Russie 2018

Pourquoi Caen n’a pas vraiment à s’inquiéter

Pourquoi Caen n’a pas vraiment à s’inquiéter
Les Caennais étaient abattus en fin de match contre Paris (Icon Sport)

Humilié sur sa pelouse du stade Michel d’Ornano par un PSG écoeurant de réussite et monstrueusement dominateur, le Stade Malherbe a concédé la plus large défaite de son histoire à domicile (6-0). Si forcément, ça fait très mal, il n’est pas encore temps de tirer la sonnette d’alarme chez les vikings. Explications.

Paris par-ci, Cavani par-là : on l’a bien compris, le PSG et sa star uruguayenne ont régalé la France du foot lors de leur déplacement en Normandie. A un tel point que le déferlement médiatique n’a concerné que le club de la capitale – logique direz-vous – dans des proportions telles que pour en savoir un peu plus sur le match des Caennais, il faut s’armer de patience et lancer de vastes recherches. Ou bien continuer à lire cet article. Le match des Caennais, il a été catastrophique à bien des égards mais malgré quelques erreurs grossières (coucou Ben Youssef), on pourra avancer que ce sont plutôt les Parisiens qui ont eu de l’incidence sur le cours du match que l’inverse. Pour la première fois de la saison, Unaï Emery a eu ce qu’il désire tant de son onze sur 90 minutes, à savoir un pressing haut, agressif et constant. A ce petit jeu, le duo Rabiot (impressionnant sur le pré de d’Ornano) – Matuidi a fait des ravages quand l’intelligence de Krychowiak empêchait toute tentative de circulation caennaise dans l’entrejeu quand celles-ci - rares - se profilaient.

Mais côté caennais, comment doit-on voir les choses ? Déjà, on a tous été surpris de voir Patrice Garande faire évoluer le système de l’équipe battue à Rennes dimanche dernier (2-0). En sortant Steed Malbranque de son onze de départ pour y faire glisser Hervé Bazile, l’ancien joueur de Saint-Etienne avait fait l’étonnant pari (pas si étonnant, vous verrez) d’opter pour un 4-4-2 ambitieux avec seulement Julien Féret et Nicolas Seube à la récupération. Risqué, certes. Mais bon, on s’est suffisamment plaint de voir les clubs de Ligue 1 bétonner sans envie contre le PSG et se planquer dans leur bunker anti-ouragan en attendant que l’orage passe. Alors quand qulqu'un tente un pari, forcément, on regarde avec intérêt. Hier soir, Caen a voulu tout bousculer, Caen a désiré contrarier ce PSG en mal de victoires (3 matchs de suite sans l’emporter) en essayant de contrôler le jeu et de surprendre Maxwell et Thomas Meunier sur les côtés. Avec le résultat qu’on connaît. « Je prends la responsabilité de cette défaite. Je me suis trompé sur le système, sur mes choix. Ce système en 4-2-3-1 était trop audacieux pour affronter ce PSG, » reconnaissait ainsi Patrice Garande en conférence d’après-match.

Le PSG, une simple anomalie

Peut-on franchement en vouloir au coach normand ? Oui et non. On peut se montrer sceptique sur ses décisions en contemplant la saison passée pour se rendre compte que le sempiternel comportement offensif malherbiste lui avait valu de prendre 9 buts en deux matchs face à l’ogre de l’hexagone. Caen n’a pas le jeu pour bousculer Paris : pourquoi cela aurait-il changé en l’espace de cinq mois ? Ne pas bouder ses principes et répondre vaillamment à l’impossible défi proposé par le PSG aura été malgré tout un signe fort de la part de Garande. On coule, on coule même très sévèrement, mais on ne boude pas ses principes. Le bricolage à la pause avec le double changement n’aura rien apporté de plus contre un PSG moins joueur quoi qu’auteur de deux nouveaux buts. Mais l’entrée finale d’Emmanuel Imorou à gauche aura permis deux choses : mettre en lumière le fait que Vincent Bessat est largement plus à l’aise offensivement avec l’ancien Clermontois derrière lui et permettre à ce dernier de récupérer un peu de sensations.

L’an passé, lorsque le PSG lui avait marché dessus (6-0 également), le Stade Malherbe ne s’était pas effondré, bien au contraire. Il avait même enclenché une jolie série de 4 matchs sans défaites (2 victoires, 2 nuls) pour sortir du championnat la tête haute. Une stat sur laquelle le coach caennais devrait s’appuyer dans ses causeries à venir alors qu’un déplacement complexe se profile à Angers dès mercredi. L’entraineur normand pourra aussi compter sur des joueurs piqués au vif, largement plus qu’au sortir de Rennes, pour entamer la bataille de Jean-Bouin motivés comme jamais. « Dans les attitudes, on a failli. On a manqué d'agressivité. Il va falloir analyser les choses très rapidement car on rejoue dès mercredi, » a déclaré un Vincent Bessat très affecté et déjà tourné vers la suite. Caen s’est trompé sur un match, Caen ne sait définitivement pas dompter la bête parisienne mais ce n’est pas là que se trouve la vérité de sa saison. Contre le commun des mortels, les Normands ont affiché des qualités dans le jeu depuis le mois d’août et il n’y a pas de raison pour qu’elles se soient estompées sous les coups de boutoirs de Cavani. Ridiculisé, le SMC n’en reste pas moins l’une des équipes les plus joueuses de la L1 et personne n’a jamais eu à s’en plaindre. Notre souhait ? Qu’elle le reste !

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