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Retour sur les CINQ demi-finales disputées par les Bleus

Retour sur les CINQ demi-finales disputées par les Bleus
Coupe du monde 1982 : France 3-3 RFA (tab 4-5) / Iconsport

Pour la sixième fois de son histoire, l'équipe de France va disputer, mardi face à la Belgique, une demi-finale de Coupe du monde. Un stade de la compétition qui n'a pas toujours réussi aux Bleus. Petite rétrospective des cinq rencontres du dernier carrée jouée par la France.

1958 : Brésil 5-2 France, la naissance d'une légende

Organisée en Suède, la Coupe du monde 1958 restera à jamais comme la première épopée de l'équipe de France. Portés par un Just Fontaine en ébullition et auteur de six buts en trois matchs, les Bleus terminent premiers du groupe B devant la Yougoslavie, le Paraguay et l'Écosse avant de s'en aller défier l'Irlande du Nord en quarts de finale. Là encore, l'attaquant du Stade de Reims fait parler la poudre avec un doublé tandis que Maryan Wisnieski et Roger Piantoni vont, eux aussi, de leur petit but, permettant à la France de s'imposer 4 buts à 0 et de se qualifier pour les demi-finales. Se dresse alors un adversaire de taille, un ogre même, qui est porté par un duo d'attaquants pour le moins remarquable. L'un à 24 ans, s'appelle Vavá et vient déjà d'inscrire deux buts en trois matchs, tandis que son acolyte n'est qu'un enfant de 17 ans au maillot trop grand, floqué du numéro 10. Au Brésil, il est déjà considéré comme un grand, mais en Europe personne ne le connaît vraiment, si ce n'est qu'il a été l'auteur de l'unique but en huitième de finale face au Pays de Galles. Il s'appelle Pelé et va alors se faire un nom en faisant vivre un cauchemar à la défense française en demi-finale de ce Mondial 58. Il s'agit alors de la première rencontre entre la France et le Brésil dans un Mondial et Vavá n'a pas de temps à perdre. Le n°20 de la Seleçao ouvre le score au bout de deux petites minutes du jeu et pense parfaitement lancer son équipe mais c'était sans compter sur la réaction d'orgueil du meilleur buteur de la compétition. Bien servi par Raymond Kopa, Just Fontaine s'offre un rush en solitaire avant de tromper Gilmar en face à face. Le match est des plus équilibrés mais va alors intervenir un événement terrible pour les Bleus puisque son défenseur central et capitaine emblématique, Robert Jonquet, se casse la jambe au bout de 30 minutes de jeu seulement. À cette époque, les remplacements n'existent pas et le joueur souffre d'une double fracture du péroné mais il va tout de même reprendre sa place sur la pelouse après une injection de novocaïne. Malgré la dose d'anti-douleurs, le Français est dans le dur et Didi va en profiter quelques minutes plus tard en inscrivant le deuxième but de la Seleçao. Mais c'est après la mi-temps que la vague brésilienne va réellement déferler sur les Bleus sous le nom d'un joueur : Pelé. Le petit attaquant va inscrire un triplé en seulement 20 minutes de la 53e à la 74e minute, propulsant son équipe en finale du Mondial malgré la réduction du score de Roger Piantoni sur un nouveau service de Raymond Kopa.

1982 : France 3-3 RFA (tab 4-5), la nuit de Séville

Il s'agit très probablement de l'un des matchs les plus connus de l'histoire du football français. Tous les supporters des Bleus peuvent raconter cette histoire avec ferveur et émotion, même ceux qui sont nés vingt ans après ce match entré dans la légende. Car en 1982 en Espagne, l'équipe de France répond présente et va s'offrir un véritable parcours de champion. Sauf qu'après avoir fini seconds de la première phase de poules, les Bleus vont terminer premier du second groupe devant l'Autriche et l'Irlande du Nord. La course s'arrêtera subitement dans le dernier carré. Ou plutôt, s'arrêtera brutalement. Face à l'Allemagne de l'Ouest, Michel Platini et ses coéquipiers font front mais concèdent un but de Pierre Littbarski dès le quart d'heure de jeu. Les Bleus égalisent vite par l'intermédiaire de Platini, moins de dix minutes plus tard, mais le vrai tournant de ce match va avoir lieu à l'heure de jeu. Le score est alors encore de 1-1 et la France domine, mais n'arrive pas à trouver la faille. Entré à la 50ème minute pour remplacer un Bernard Genghini blessé, Patrick Battiston, pourtant habituellement défenseur, va jouer comme offensif et marquer l'histoire dix minutes plus tard. Michel Platini offre un amour de passe en profondeur pour le joueur de l'AS Saint-Étienne qui voit sa tentative de lob, de l'entrée de la surface, passer de peu à côté avant de se faire percuter très violemment à la tête par le gardien Harald Schumacher qui ne se préoccupe absolument pas du ballon. Le portier allemand se relève aussitôt mais pas le Français qui gîse inconscient dans la surface, et dont la bouche compte trois dents de moins suite à ce choc. Tout le monde pense que l'arbitre, Charles Corver, va donner un penalty à la France mais il n'en est rien, pour lui, il n'y a pas de faute. La sortie sur civière de Patrick Battiston associée à la décision incroyable de l'arbitre anglais sort complètement de leur match les Français qui parviennent toutefois à accrocher la prolongation. Là, les Bleus ont un sursaut d'orgueil et inscrivent deux buts coups sur coups par l'intermédiaire de Marius Trésor et Alain Giresse avant que l'Allemagne de l'Ouest ne parvienennt à égaliser grâce à Karl-Heinz Rummenigge et Klaus Fischer. Les deux pays sont contraint de se départager dans une séance de tirs au but qui deviendra aussi mythique que le match puisque pas moins de 12 frappes auront été nécessaires pour que la RFA remporte cette demi-finale après un échec du malheureux Maxime Bossis. Ce match vient d'entrer dans la légende.

1986 : RFA 2-0 France, la revanche manquée

Beaucoup de choses définissent le football : un mélange de technique, de tactique et de physique, des émotions, de l'argent, du pouvoir, etc... Et parmi ces éléments qui font que le football est aussi aimé dans le monde entier, l'un est que ce sport ne manque pas d'ironie. Alors quatre ans après la fameuse nuit de Séville dont toute la France fait encore des cauchemars malgré un titre de Champions d'Europe en 1984, c'est évidemment une nouvelle fois sur la route de l'Allemagne de l'Ouest, que vont croiser les Bleus du nouveau sélectionneur Henri Michel. Au Mexique, les Français finissent seconds de la phase de poules sans avoir perdu le moindre match, n'étant devancés qu'à la différence de buts par l'Union Soviétique. En huitième de finale, les Bleus écartent facilement l'Italie (2-0) avant d'affronter le grand favori de ce Mondial en quart de finale : le Brésil. Avec un milieu de terrain constitué notamment des stars Socratès et Zico, la Seleçao semble intouchable. Et cela semble se confirmer quand Careca ouvre le score dès le quart d'heure de jeu. Pourtant, l'équipe de France se reprend et met en difficulté les Sud-Américains qui commencent à reculer à tel point que le triple Ballon d'Or en titre, Michel Platini, parvient à égaliser pour les Bleus. Aucune des deux équipes ne parvient à faire la différence et c'est au cours d'une séance de tirs au but entrée dans la légende que Luis Fernandez envoie la France en demi-finale, affronter l'Allemagne de l'Ouest. Les Bleus sont revanchards de 82 et veulent absolument gagner pour enfin atteindre une finale de Coupe du monde mais cette année-là, la RFA est trop forte et la France est privée de son maître à jouer, Dominique Rocheteau, qui avait déjà réalisé quatre passes décisives dans la compétition. Andreas Brehme en début de match puis Rudi Völler à la dernière minute du temps réglementaire enterreront une fois de plus les rêves de Bleus trop justes face aux Champions du monde en titre et s'en iront encore une fois disputer la petite finale d'un Mondial, la grande lui étant encore interdite.

1998 : France 2-1 Croatie, Lilian le Magnifique

Il arrive que des équipes semblent être bénies des dieux et programmées pour tout gagner, même quand tous les éléments semblent aller dans le mauvais sens. C'était probablement le cas de l'équipe de France en 1998 lors d'une compétition à domicile gérée d'une main de maître par des Bleus en état de grâce. Alors tout ou presque ayant déjà été dit sur ce tournoi exceptionnel, il n'est peut-être pas utile de rappeler le parcours des Français si ce n'est pour se donner des frissons de plaisir. Portés par une ferveur populaire incroyable et après avoir éliminée l'Italie aux tirs au but, l'équipe de France doit affronter la Croatie pour aller en finale de sa Coupe du monde. Mais les hommes de Miroslav Blažević sont impressionnants pour une première participation de cette jeune nation à un Mondial. En effet, ils viennent d'éliminer 3 buts à 0 l'Allemagne grâce notamment à un Davor Šuker en feu. C'est d'ailleurs lui qui va se mettre en avant en premier en ouvrant le score dès la première minute de la seconde période. Car durant la première, le match a été très serré, Français comme Croates ne parvenant pas à mettre en difficulté les gardiens adverses mise à part une reprise de volée magistrale de Zinedine Zidane à 30 mètres des buts qui heurte le poteau gauche de Dražen Ladić. Mais ce match va prendre un virage au coup d'envoi de la seconde mi-temps. Davor Šuker ouvre le score au bout de 22 secondes de jeu seulement après une erreur de placement énorme de Lilian Thuram qui met en jeu l'attaquant croate du Real Madrid alors qu'il est tout seul à l'entrée de la surface de réparation. Une faute qui coûte très cher puisque la Croatie prend l'avantage dans cette demi-finale. Mais Lilian Thuram n'est pas du genre à se laisser démonter, surtout quand c'est lui qui commet une erreur ! Alors dès la remise en jeu, le joueur de Parme, reconverti latéral droit avec les Bleus, va monter aux avant-postes et, 67 secondes seulement après son erreur de placement, Lilian Thuram est parfaitement trouvé par Youri Djorkaeff au point de penalty et va égaliser d'un tacle rageur. Le défenseur vient alors d'inscrire le premier but de sa carrière avec l'équipe de France et, surtout, de relancer son équipe dans la quête d'une finale face au Brésil qui s'était qualifié la veille. Et comme il est un homme qui aime faire les choses bien, Lilian Thuram va plonger cette rencontre dans une dimension parallèle vingt minutes plus tard. Trouvé sur son côté droit par Zidane, le n°15 des Bleus progresse et adresse une passe en force à Thierry Henry qui, sous la pression de son défenseur, est obligé de remettre en une touche au défenseur mais le ballon va trop loin et est récupéré par Igor Štimac à l'angle de la surface de réparation. C'est alors que Lilian Thuram qui avait poursuivi son action va récupérer le ballon dans les pieds du défenseur croate et, sans réfléchir, tirer en force du gauche à mi-hauteur. La frappe est limpide et finit dans le petit filet droit d'un Dražen Ladić de nouveau battu. Thuram peut se mettre un doigt sur la bouche, il vient bien d'inscrire un doublé en demi-finale, lui, l'homme qui finira sa carrière avec seulement 15 buts au compteur en 826 matchs. La suite, tout le monde la connaît, Laurent Blanc va prendre un carton rouge qui le privera du match suivant, Fabien Barthez va réaliser une claquette monstrueuse sur une frappe détournée de Goran Vlaović à la dernière seconde et, surtout, la France se qualifie, enfin, pour la première finale de Coupe du monde de son histoire !

2006 : Portugal 0-1 France, une qualif' dans la difficulté

On va être honnête, des cinq demi-finales disputées par l'équipe de France dans son histoire, celle de la Coupe du monde 2006 face au Portugal est la seule dont le match n'est pas resté particulièrement dans les annales. La faute notamment aux deux matchs exceptionnels des Bleus qui ont précédé ce Portugal-France. Car après une phase de poules poussive, les joueurs de Raymond Domenech renversent magistralement l'Espagne en huitième de finale avec une égalisation mythique d'un petit jeune appelé Franck Ribery puis des buts de Patrick Viera et Zinédine Zidane en fin de match. En quart de finale et face au Brésil, l'équipe de France réalise une prestation exceptionnelle grace notamment à un Zizou au sommet de son art qui régale par des gestes techniques d'un autre monde. Alors quand la France parvient en demi-finale face à une équipe du Portugal qui réalise un très bon Mondial mais qui n'a pas brillé, il apparaît très vite que ce match va être serré et qu'il n'y aura que peu d'espaces pour les attaquants des deux équipes. Pourtant, Deco aurait pu ouvrir le score dès la 3e minute de jeu sans une belle parade de Fabien Barthez avant que Maniche ne voit une frappe frôler la barre transversale française (6e). Après ces deux occasions, le match va tomber dans un faux rythme constant jusqu'à ce que Thierry Henry ne pousse Ricardo Carvalho à commettre un penalty suite à un crochet ravageur. Face à Ricardo, Zinedine Zidane ne tremble pas et ajuste le gardien portugais qui était pourtant parti du bon côté. Le Portier aura deux nouvelles occasions de s'illustrer sur des frappes de Thierry Henry (47e) et Franck Ribery (48e). Ce match loin d'être le plus spectaculaire de cette Coupe du monde va se finir sur un dernier frisson avec un coup-franc flottant de Cristiano Ronaldo qui, à 30 mètres des buts oblige Fabien Barthez à repousser le ballon d'une manchette peu orthodoxe qui retombe sur Maniche qui saute plus haut que Patrick Viera mais dont la tête passe au-dessus des buts français. 1-0, score finale, il n'en fallait pas plus à l'équipe de France pour se qualifier pour la seconde finale de Coupe du monde de son histoire, 8 ans après celle remportée au Stade de France. Mais ce coup-ci, la demi-finale victorieuse au cours d'un match tendu ne va pas suffire pour mettre les Bleus en orbite et ramener le trophée Jules Rimet dans son pays d'origine. Aux joueurs de Didier Deschamps de gagner face à la Belgique afin de venger leurs ainés de 2006 en se placant aux côtés de ceux de 1998 dans le coeur des Français.

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